Chaque année, le 3 décembre, la Journée internationale des personnes handicapées invite la communauté mondiale à réfléchir au monde que nous construisons — et à celui que nous devons transformer.

Cette année, le thème des Nations Unies, « Favoriser des sociétés inclusives pour les personnes vivant avec une invalidité afin de faire progresser le développement social », met au premier plan les messages issus du Deuxième Sommet mondial pour le développement social, tenu à Doha, où les dirigeants mondiaux ont réaffirmé que le progrès social est impossible sans l’inclusion, la participation et le leadership complets des personnes vivant avec une invalidité.
La Déclaration politique de Doha est sans équivoque : l’inclusion des personnes vivant avec une invalidité n’est ni un acte de charité, ni un élément facultatif de la planification nationale. Elle constitue une condition préalable à la réduction de la pauvreté, au travail décent, à des économies fortes et à des sociétés équitables.
Et pourtant, dans toutes les régions — y compris ici au Canada — les personnes vivant avec une invalidité continuent de faire face à des obstacles systémiques qui compromettent leur autonomie, leur dignité et leurs possibilités.
Les personnes vivant avec une invalidité demeurent touchées de manière disproportionnée par la pauvreté. Elles se heurtent à des lacunes dans la protection sociale, à un accès limité au travail décent, à des salaires plus faibles et à des obstacles persistants dans les systèmes de soins et de soutien censés renforcer — et non restreindre — leur autonomie. Les environnements accessibles et les technologies d’assistance demeurent hors de portée pour beaucoup. Ces inégalités ne sont pas inévitables : elles sont le résultat direct de choix politiques.
Les invalidités épisodiques — y compris celles liées à des affections telles que le VIH, la sclérose en plaques, la COVID longue, les troubles de santé mentale et d’autres maladies fluctuantes — ajoutent une couche supplémentaire de complexité à ces obstacles. Contrairement aux invalidités permanentes, les invalidités épisodiques se caractérisent par des périodes de mieux-être interrompues par des épisodes imprévisibles de maladie, rendant l’accès à un revenu stable, à l’emploi, au logement et aux prestations particulièrement difficiles. Les personnes vivant avec des invalidités épisodiques passent régulièrement entre les mailles de systèmes conçus autour de la permanence : elles peuvent être jugées « pas suffisamment invalides » pour recevoir du soutien durant les périodes de stabilité, tout en faisant face à l’insécurité économique et à la perte d’emploi lorsque les symptômes réapparaissent. Cette imprévisibilité mine l’autonomie, perturbe la participation au marché du travail et expose les personnes à une pauvreté accrue et à l’isolement social. Toute vision sérieuse de sociétés véritablement inclusives doit reconnaître pleinement les invalidités épisodiques — et réformer les programmes et protections pour refléter la réalité des états de santé fluctuants.
À un moment où l’incertitude économique influence fortement les politiques publiques, le Canada ne peut se permettre de marginaliser 27 % de sa population adulte. Pourtant, le budget fédéral de 2025 n’a offert que peu de clarté aux personnes vivant avec une invalidité, si ce n’est une poignée d’ajustements administratifs susceptibles de faciliter l’accès, mais insuffisants pour améliorer de manière substantielle leurs conditions matérielles.
Aucun engagement n’a été pris pour renforcer la Prestation canadienne pour invalidité, aucun calendrier n’a été établi pour la mise en œuvre d’un programme adéquat et entièrement financé, et aucun élargissement de l’admissibilité n’a été annoncé au-delà de ceux qui se qualifient déjà pour le crédit d’impôt pour invalidité, qui demeure extrêmement restrictif. Parallèlement, les principaux ministères fédéraux — y compris ceux responsables des programmes liés à l’invalidité — ont été appelés à réaliser d’importantes économies sans préciser les domaines où les coupes auront lieu, introduisant un risque là où la stabilité est pourtant essentielle.
On ne peut relancer une économie tout en excluant plus du quart de sa main-d’œuvre, de ses innovateurs, de ses aidants et de ses consommateurs. L’inclusion des personnes vivant avec une invalidité n’est pas seulement une obligation sociale — c’est un impératif économique.
Alors que les engagements nationaux demeurent incertains, Réalise continue de promouvoir des solutions concrètes, communautaires et novatrices qui montrent à quoi peut ressembler un véritable progrès inclusif.
Notre Sommet national annuel 2026 sur les invalidités épisodiques et l’emploi réunira des leaders, des défenseurs, des employeurs et des personnes ayant une expérience vécue pour discuter de l’avenir du travail, en abordant notamment :
- L’impact des mandats de « retour au bureau » pour les personnes vivant avec une invalidité épisodique
- Les effets de l’intelligence artificielle sur le travail et l’adaptation en milieu de travail
- L’évolution des perspectives des employeurs face à la COVID longue et à d’autres conditions émergentes
Le podcast de Réalise, Cultiver le potentiel, l’inclusion et l’appartenance amplifie les voix trop souvent exclues des conversations nationales, en portant les récits de personnes vivant avec une invalidité épisodique directement aux décideurs, aux prestataires de services et au public.
Des programmes tels que le projet BRIDGE (financé par Femmes et Égalité des genres Canada) amorceront des changements systémiques dans les milieux de travail canadiens en s’attaquant aux normes de genre néfastes et aux attitudes envers les femmes vivant avec une invalidité épisodique. Ils permettront une meilleure compréhension, un renforcement des systèmes de soutien pour les employées, et l’ouverture de possibilités d’emploi et d’avancement professionnel.
Les formations offertes par Réalise continuent d’outiller les employeurs partout au Canada avec les connaissances et les stratégies nécessaires pour créer des environnements de travail équitables, accessibles et inclusifs où les personnes vivant avec une invalidité épisodique peuvent s’épanouir.
Une société inclusive ne se construit pas par des déclarations d’intention, mais par l’action, l’investissement et la reddition de comptes. Réalise demeure résolu à poursuivre cette transformation — grâce à la recherche, au plaidoyer, à la formation, à la mise en valeur des récits et au leadership des personnes vivant avec une invalidité épisodique.
Ensemble, nous pouvons bâtir un Canada où l’inclusion n’est pas un idéal à atteindre, mais une norme attendue.
